Aucun texte officiel ne fixe aujourd’hui de durée pour les devoirs à l’école élémentaire, en CE1 comme dans les autres classes. Le seul repère chiffré venu de l’institution est une recommandation d’un rapport de l’Inspection générale de 2008 : limiter le travail à la maison à « 20 à 40 minutes environ selon l’âge ». Pour un enfant de CE1, dix à quinze minutes de travail effectif forment un repère pratique raisonnable, mais ce repère n’est pas une règle.
Existe-t-il une durée officielle pour les devoirs ?
Non. Les textes qui ont encadré les devoirs à l’école élémentaire portaient sur leur nature, pas sur leur durée. La circulaire du 29 décembre 1956 supprimait les devoirs écrits hors de la classe. La circulaire n° 94-226 du 6 septembre 1994 reprenait la règle : « A la sortie de l’école, le travail donné par les maîtres se limite à un travail oral ou à des leçons à apprendre ».
Aucune de ces circulaires ne disait combien de temps ce travail oral devait prendre. Toutes deux ont d’ailleurs été abrogées : celle de 1956 en 1994, puis celle de 1994 en 2009, par la circulaire n° 2009-185 du 7 décembre 2009. Aucun texte ne les a remplacées.
Les programmes actuels ne fixent pas davantage de temps de devoirs. Ils décrivent ce que les élèves apprennent en classe, année par année, et laissent à l’enseignant l’organisation du travail demandé à la maison.
D’où vient le chiffre de trente minutes ?
On lit parfois que les devoirs ne doivent pas dépasser trente minutes « selon la loi ». Ce chiffre ne correspond à aucune règle actuelle.
La circulaire de 1994 parlait bien de trente minutes, mais pour autre chose. Elle créait, selon ses termes cités par l’Inspection générale, des « études dirigées, d’une durée quotidienne de trente minutes », mises en place dans chaque classe « pendant le temps scolaire ». Il s’agissait d’un temps de travail personnel à l’école, encadré par l’enseignant, et non d’une durée de devoirs à la maison. Ce texte a été abrogé en 2009.
Ce que disent le ministère et l’Inspection générale
Deux documents officiels donnent des indications utiles, sans valeur de règle.
La réponse du ministère à l’Assemblée nationale, en 2013. Interrogé par un député sur les devoirs, le ministère de l’Éducation nationale expliquait que, « dès le cours préparatoire, les maîtres demandent aux enfants de reprendre une lecture faite en classe, de revoir chez eux les leçons pour consolider la mémorisation d’un résumé, d’une poésie ou des tables d’addition et de multiplication ». Pour le cours moyen, il ajoutait que « quelques travaux personnels » peuvent parfois être demandés, comme des recherches ou de l’entraînement au calcul.
Le rapport de l’Inspection générale de 2008. Ce rapport sur le travail des élèves en dehors de la classe recommandait : « Le temps de travail doit être limité de 20 à 40 minutes environ selon l’âge, sauf cas d’investissement volontaire de l’enfant ». Il ajoutait qu’il importe « de valoriser un travail bref et soigné plus qu’un travail qui traîne en longueur ».
Le même rapport conseillait de ménager une pause entre la sortie de la classe et le travail, sans trop la prolonger, et de ne pas reporter les devoirs après le repas.
Des repères pratiques, classe par classe
Faute de règle, voici des ordres de grandeur pour une séance du soir, lecture plaisir non comprise. Ce sont des conseils de la rédaction, pas une norme : l’enseignant de votre enfant reste la meilleure personne pour dire ce qui est attendu.
| Classe | Ce qui est souvent demandé | Repère pratique (conseil, pas une règle) |
|---|---|---|
| CP | Relire la page de lecture, quelques mots | Environ 10 minutes |
| CE1 | Lecture, mots de dictée, premières tables | 10 à 15 minutes |
| CE2 | Dictée, tables, leçon courte, poésie | 15 à 20 minutes |
| CM1 | Leçons, dictée, conjugaison, poésie | 20 à 30 minutes |
| CM2 | Leçons plus longues, parfois une recherche | 20 à 30 minutes |
Ces durées restent dans le bas de la fourchette de 2008, ou en dessous, et c’est voulu : elles comptent le temps de travail effectif, pas le temps passé assis devant le cahier. Un soir où il y a une poésie et une dictée à préparer, elles peuvent être dépassées ; un autre soir, cinq minutes suffiront.
Quand les devoirs durent beaucoup plus longtemps
Si les devoirs prennent régulièrement le double de ces repères, cherchez d’abord où passe le temps. Souvent, le travail lui-même est court et c’est le démarrage qui s’éternise : trouver le cahier, négocier, se lever, revenir.
Quelques pistes :
- Mesurez pendant une semaine. Notez l’heure de début, l’heure de fin et ce qui a été fait. Vous aurez des faits à partager.
- Séparez la mise en route du travail. Préparez le matériel avant, lisez le cahier de textes ensemble, puis lancez la séance.
- Fixez une heure de fin. À l’heure dite, on s’arrête, même si tout n’est pas terminé, et vous le signalez dans le cahier de liaison.
- Parlez-en à l’enseignant. Le rapport de 2008 relevait que l’estimation du temps réellement passé est « souvent erronée », et qu’il est important de questionner les parents pour en connaître la durée réelle et « ajuster les exigences le cas échéant ».
Si la lenteur vient d’une lecture encore difficile ou d’une grande fatigue, la durée n’est qu’un symptôme. Parlez-en à l’enseignant et, si les difficultés persistent, au médecin.
Comment faire tenir les devoirs en peu de temps
Une séance courte peut être très efficace si elle est active.
- Commencez par ce qui est à savoir pour demain. Le reste peut attendre le lendemain.
- Remplacez la relecture par un petit test. Cacher la leçon et répondre à deux ou trois questions fait davantage travailler la mémoire que de la relire trois fois. L’académie de Rennes, dans sa fiche sur la mémorisation, conseille de se questionner et de reformuler plutôt que de relire.
- Répartissez. Deux séances de cinq minutes, le soir puis le lendemain matin par exemple, valent souvent mieux qu’une seule séance de vingt minutes. La même fiche recommande des séances courtes et de ne pas tout réviser la veille.
- Gardez la lecture plaisir à part. Lire une histoire le soir est précieux, mais ce moment ne devrait pas se confondre avec les devoirs.
C’est d’ailleurs sur cette durée que Kamelo a été construit : une séance d’environ dix minutes, sur exactement ce que l’enseignant a demandé.
Et le mercredi, le week-end, les vacances ?
Aucun texte ne fixe non plus de règle pour le week-end. Une poésie à savoir pour lundi s’apprend mieux en deux ou trois petites séances réparties, vendredi, samedi et dimanche, qu’en une longue séance le dimanche soir.
Pour les vacances, le rapport de 2008 recommandait que l’éventuel travail vise « l’entretien des acquis » plutôt que l’anticipation du programme, avec la lecture comme priorité. Un livre choisi par l’enfant et quelques minutes de calcul mental de temps en temps suffisent largement.
Ce qu’il faut retenir
La bonne durée des devoirs n’est pas écrite dans un texte. Elle se construit avec l’enseignant, à partir de ce que votre enfant met réellement de temps à faire. Un travail court, régulier et actif est plus utile qu’une longue séance, et une durée qui déborde chaque soir mérite toujours d’être signalée.
Questions fréquentes
Combien de temps doivent durer les devoirs en CE1 ?
Combien de temps de devoirs en CP ?
La loi limite-t-elle les devoirs à 30 minutes ?
Que faire si les devoirs durent plus d’une heure ?
Sources
- Le travail des élèves en dehors de la classe, rapport n° 2008-086 (octobre 2008) (Inspection générale de l’Éducation nationale)
- Question écrite n° 19422 et réponse du ministère de l’Éducation nationale (JO du 23 juillet 2013) (Assemblée nationale)
- Circulaire n° 2009-185 du 7 décembre 2009 : abrogation de circulaires et notes de service (Bulletin officiel de l’Éducation nationale)
- Comment mémoriser ? (Académie de Rennes)